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Théatre
SYNOPSIS
SYNOPSIS
Quelques extraits...

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ECCE TERRA
Tragi-comédie en quatre actes

Quatorze personnages pour huit comédiens : Louis Pierrot/Camarade (35/40 ans) Luigi Vilargiani (50 ans) Maurice (la soixantaine) Ginette (la soixantaine) Stanislas/Martin (30/40 ans) Albane/La pute/Une dame (30 ans) Jean-Yvon (25 ans) Satan/Arpana/Mado (30/40 ans)

Décors : Un bistro. Le bureau d’un commissariat. Extérieurs ville sur toile peinte.

Prétexte : Louis Pierrot, un fort en gueule, est à la recherche de Bruno, son jumeau. Il rencontre Luigi Vilargiani (hommage à Jean Vilar, dans Les Portes de la nuit, de Marcel Carné), un clochard accompagné d’un petit chien que seuls les enfants peuvent voir, et qui le mettra sur une drôle de piste.

Aperçu :

PIERROT

Résultat des courtines ? Comme à chaque fois que l’on botte l’intelligence en touche, l’âne se croit maître du genre humain !

Moi ? être d’accord avec toi ? Rien qu’à l’idée, je me marre ! Mieux : je crépite de joie ! Un vrai feu de bois, mon pote ! Parce que dis-toi qu’il suffirait que tu m’annonces que deux et deux sont quatre, pour que je fonce illico vérifier à l’Académie des Sciences ! Que la terre est ronde, pour que je cavale presto contrôler au Centre National de Géographie !

LUIGI

Pas étonnant que tu fasses le vide autour de toi ! Un petit monsieur qui se croit si supérieur qu’il interdit aux autres de s’exprimer, voilà ce que tu es ! Ça, on ne peut pas dire que tu te vautres dans la tolérance, toi !

PIERROT

Quelle horreur ! La tolérance ?… C’est du fiel sur les lèvres des faux culs qui n’osent pas lâcher le venin qu’ils lèchent du bout de la langue ! Car la tolérance, ça n’est que de l’intolérance maquillée bon zigue ! Tolérer ? c’est supporter avec indulgence ! en seigneur magnanime ! Seigneur magnanime qui, ayant au préalable jugé l’autre coupable, consent à pardonner certaines offenses ! Pas toutes, hein ! Faut pas non plus déconner ! Du reste, le seuil de la tolérance est parfois vite atteint ! C’est bien la preuve de l’hypocrisie de ceux qui la professent !

Mais comment fais-tu avec les fleurs, les oiseaux, la pluie, la vieillesse ou les amours défaites ?

Tu endures en martyr ? Tu subis en esclave ? Tu tolères en bon prince ?… Moi, Monsieur, je vis avec ! Point !

Luigi se détourne, soi-disant hautain, mais pour lui cacher le sourire de bonheur qui lui croque les oreilles.

 

CAMERONE
Comédie dramatique en trois actes

 

Six personnages : Thomas Hernin (60/65 ans) Estelle, sa femme (40/45 ans) Marine, leur fille (20/25 ans) Paulin, son fiancé (25/30 ans, black ou métissé) Mme Ouvier (sans âge) Dominique Lorca (la quarantaine)

Décors : la pelouse d’agrément d’une résidence de campagne.

Prétexte : Thomas et Estelle ont des problèmes relationnels depuis vingt ans, Paulin et leur fille Marine depuis trois mois.

Aperçu :

ESTELLE

Tu entends comment tu parles de ta fille ?

THOMAS

Marine est de son temps ! Et ça la ferait bien marrer de nous entendre parler d’elle avec des «  Oui… elle est encore tendre mais arrive à un âge où il se pourrait que sa petite âme frissonne… à l’unisson de ses sentiments… »

Elle baise !… Point final !

En fait : les chiens ne font pas des chats.

ESTELLE

Tu m’en veux, hein ! Et tu m’en voudras toujours !

Iago et Othello ! Le mari jaloux qui se fait manipuler par un traître auquel il est si bien emmêlé, que l’on dirait qu’il est les deux personnages ! Et ces deux bouffons m’accusent de tous les crimes alors qu’ils n’ont rien à me reprocher !

THOMAS

Pardi !… Egorger un porc qui te gueule dans les oreilles, c’est une chose. Piéger une poubelle et être ailleurs quand elle explose, c’en est une autre.

Ne pas assister aux saloperies que l’on fait, Madame le Juge, c’est déjà de l’innocence.

Apparemment, quand tu as débarqué chez moi, avec ton petit sac… j’avais le beau rôle.

ESTELLE

Apparemment ?

THOMAS

Uniquement, oui ! Souviens-toi. Comme tu ne vivais plus avec ton ancien mec, tu lui retrouvais un tas de qualités… Tandis que moi, qui avais le tort d’être là, je perdais à peu près toutes les miennes.

Tu es donc retournée chez lui comme tu étais venue chez moi. Le schéma est classique : on part sans se retourner, on revient sans jeter un regard en arrière.

Comment peut-on, dans ces conditions, voir les dégâts que l’on provoque ?

Messieurs les Jurés, on ne peut concevoir que le non-lieu !


BORNA, MOLLO, NONOSSE et CHUITICON
Farce en trois actes

 

Cinq personnages d’âge indifférent : Borna (femme) Mollo (homme) Nonosse (femme) Chuiticon (homme) Pistache (homme)

Décors : Un salon d’attente médical. Une salle à manger HLM.

Prétexte : Mollo,un gangster, rencontre Borna qui croit avoir tué Chuiticon, son mari. Une policière, Nonosse, les prend en filature.

Aperçu :

MOLLO

Quand on prend le seau sur la tête, s’interroger sur la grosseur des gouttes qui l’ont rempli, relève — et notez que je prends le risque de manquer de courtoisie ! — soit de la fantaisie, soit de la perversité.

BORNA

De la curiosité scientifique ! Point !

MOLLO

Ah, Madame ! que le sujet soit un tantinet moins grave et, en dépit d’une amorce de perlèche particulièrement douloureuse, je m’autoriserais un rire léger.

BORNA

Le rire de l’ignare se voulant esprit fort ! Le rire qui rassure ! Moi, je vous le dis tout net : quelle que soit la taille du récipient, il contiendra toujours plus de petites gouttes que de grosses ! Et voilà comment un libre penseur, fait avancer le monde à pas de géant !

SCHPAC ! SCHPAC !

(à la porte capitonnée)

Ce n’est pas comme certains médecins même pas capables de juguler un rhume de cerveau !

(à Mollo)

Curiosité scientifique, je ne connais que ça !

Sinon ?… Sinon, on en serait encore à peler le mammouth avec les doigts comme un boy-scout son petit totem ! Alors, bien sûr, si on perd cela de vue, tranquillement installé devant une choucroute au vin blanc, on peut faire le malin avec des raisonnements du genre : « Oui, tout ça ! »

MOLLO

Je m’insurge avec une rare vigueur car…

BORNA

Stop ! Ce que vous alliez dire n’avait aucun intérêt, n’est-ce pas ?

MOLLO

Je dois reconnaître, en effet, que je…


EN GRAINS OU EN POUDRE
Comédie en un acte


 

Personnages (tous la trentaine) : ISABELLE, MICHEL, PASCAL.

Décors : confortablepièce mansardée.

Prétexte : pour leurs “dix ans”, Isabelle aimerait que Michel lui fasse une surprise. Mais Michel n’a rien prévu, si ce n’est d’aller aider un copain à déménager.

Aperçu :

ISABELLE

Pour fêter ça, si on allait au Cordobès, ce soir ?

MICHEL

Tu as raison, ça fait rêver. Trois connards qui hurlent pour couvrir le bruit de leur guitare, devant des grognasses qui agitent des bouts de bois en tapant des godasses. Génial. Du typique, quoi.

ISABELLE

Bon bon. Je n’ai rien dit. Mais qu’est-ce que tu proposes alors ?

MICHEL

On verra, on verra.

ISABELLE

Très bien ! Et pour cette soirée qui s’annonce si merveilleuse, tu te fais beau ou tu restes nature ?

MICHEL

On fête nos dix ans ou on participe à un défilé de mode ?

ISABELLE

J’en ai marre de me balader au bras d’un épouvantail ! Je n’ai plus vu un seul oiseau depuis…

MICHEL

Tu ne peux pas avoir les yeux partout à la fois.

ISABELLE

Ce qui signifie ?

MICHEL

Que tu guettes les mecs sapés gravure de mode comme une contractuelle les pare-brise ! Dès que tu en repères un, tu cavales lui demander un autographe ! Et quand tu lis Sa Majesté Untel, roi des cons ! tu fais la révérence en roucoulant : « Rhouou ! Sire… ! » Même que les autres hôtesses sont jalouses parce que c’est toujours toi la plus rapide ! Et pourtant, de ce côté-là, elles ne sont pas feignantes non plus !

ISABELLE

Tu me verrais aux escales… alors là !

 


LA FÉE TOTOCHE
Comédie en deux actes


Six personnages mais quatre comédiens : Lucas Forgeron (30/40 ans) Virginie et Amandine Martin (même comédienne – 20/30 ans) Madame Tochard et la fée Totoche (même comédienne – la cinquantaine) Antoine du Périer (40/50 ans)

 

Décors : Un petit bureau d’un centre des impôts. Une chambre sordide.

 

Prétexte : Lucas Forgeron, inspecteur des impôts en mal d’amour, aurait voulu vivre de sa plume.

 

Aperçu :

TOTOCHE

Tu t’assieds sur ton tas de linge sale, toi ?… Oh ! c’est ton lit ?… Quand tu le fais, c’est avec une fourche ?

LUCAS

J’ai des draps biodégradables.

TOTOCHE

Ah, l'innocent reprend vie !

LUCAS

Normal… avec une fée.

TOTOCHE

Tu ne me crois pas, hein ?… Il ne me croit pas… !

LUCAS

Ben… comment dire ?… Les fées, ça ne bousille pas les portes. Ça arrive comme ça, ploc !… féerique.

TOTOCHE

Parce que je ne suis pas féerique, peut-être ?… Et ma robe papier crépon, c’est quoi ? du recyclé ?… Pas féerique ? ben merde !

Et elle est comment la fée Totoche dans ton roman ?

LUCAS

Forte…

TOTOCHE

Attends, attends ! Femme forte ou forte femme ? Parce que je ne vais pas t’apprendre que si tu places le même adjectif avant ou après le nom, ça en change complètement le sens ! Par exemple, entre un sale con et un… enfin tu vois.

LUCAS

… vulgaire…

TOTOCHE

Oui alors là non ! vu que les bonnes manières, c’est comme les chiottes quand tu as chopé une gastro : tu ne risques pas de les oublier !

 

LA RIVIÈRE QUI SE PRENAIT POUR UN FLEUVE
Drame en vers et en trois actes


 

Quatre personnages : Corbinot (sans âge) Huelcia (la trentaine) La diseuse (35/40 ans) Amarille (16/18 ans) Mme Huelcia (la cinquantaine) Le Maghrébin (la quarantaine). Et trois tziganes (deux guitares, un violon), les musiciens des deuxième et troisième actes.

 

Décors :Une salle de bistro. Une forêt (toile peinte). L’intérieur d’une cabane ronde.

 

Prétexte : Corbinot veut un assassin pour Amarille qu’il avait trouvée, bébé, il y a seize ans.

Aperçu :

CORBINOT

Et son corps… ! Mais comment pouvoir le voir revivre

Avec ces mêmes mots choisis pour commander

Un Viandox ? Non, Monsieur : on le danse, accordé

Au courant de la harpe de l’eau ; on l’arpège,

Allegretto tempo, sur un flocon de neige ;

On le dessine autour d’un poème tout blanc ;

On le sculpte aux contours d’un nuage troublant ;

On le peint à foison sur un châle de soie…

Mais on ne rêve pas — oh la malsaine joie ! —

Aux tétons à tâter de sa méchante main !

Non plus qu’à la toison à fourrager du groin !

Et moins encore au sexe à besogner du vôtre !

Ah ! je le vois déjà. Il le sent ! Il s’y vautre !

En arrière, homme jeune ! Attention ! Ce n’est pas

Une faille, une fente… Un trou !… Pas plus qu’appâts,

Appeau ou sac à foutre ! Ou muqueuse striée !

Ou repos du guerrier ! Marché à la criée !

C’est le chemin qui mène au bord de l’infini.

HUELCIA

Ben moi, Madame Huelcia, c’est plus vite fini !

CORBINOT

Ah vous ! ne comptez pas sur l’excuse de l’âge :

Parlez-lui… et cartilage par cartilage,

D’une main, je vous broie l’œsophage ! Frôlez

Un seul de ses cheveux… et je vous brise les

Doigts, entre deux doigts, comme une noix ! Que vos fripes

Osent l’effleurer… mes ongles vous trouent les tripes !

Forcez la porte de son ventre ou de ses dents…

Et alors, de ce poing plongé en vos dedans,

Je vous retourne comme un gant ! Ayez la tête

Envenimée par une idée… et je la pète…

HUELCIA

Hé !

CORBINOT

 … Petit bruit sec !… entre mes paumes.

 


LE DÉSERT DE GIBSON (prononcer Guibsonne)
Comédie dramatique en trois actes


 

Trois personnages : Ésope, Zoppet, Hépose.

Décors : la salle commune d’une vieille ferme, fenêtre et porte barricadées.

Prétexte : alors que les forces de gendarmerie s’apprêtent à donner l’assaut à sa demeure, Ésope écrit à la lueur d’une lampe à pétrole. Il est seul — ou plutôt se croit seul ! — et finit par s’inventer un copain, Zoppet. Seulement, ce dernier a toutes les raisons de penser qu’il est bien réel et que c’est lui qui a créé Ésope. Et puis intervient une femme, Hépose, un troisième personnage qui, à son tour, pense avoir inventé les deux autres…

Aperçu :

ÉSOPE

Le rejeté n’a rien à attendre de la rejetante. Rien de rien, mon vieux ! Pas plus que la mouche dans les gambettes de l’araignée ! Et alors, hein ? dans ces conditions, comment veux-tu encore adorer l’image qu’on te renvoie de toi ?

Oh, pas commode ! Vraiment pas commode. Alors, on se rue sur la solution de facilité, laquelle, en l’occurrence, consiste à bousiller le miroir : BRAOUM ! Ou à le supplier, les yeux pleins de grosses larmes ! Seulement voilà ! Pleurer égale se moucher ! Tout le monde le sait ! Tout le monde le sait qu’un véritable chagrin te remplit les fosses nasales aussi sûrement qu’un vidangeur te nettoie une fosse septique ! Et quand tu te vois, dans la glace, avec la chandelle au nez… bonjour, le moral !

(chantonne, sinistre)

« Reviens, veux-tu »…« Depuis que tu es partie »… et tutti et quanti ! Chansons d’amour ? Suppliques de cocu, oui ! Et pour récupérer ce qui s’est enfui, que fait-on ? Hein ? Je pose la question : que fait-on ?

On-offre-la-lune ! Le genre de cadeau qui, comme on l’imagine, coûte une fortune au généreux donateur.

La lune ou les étoiles, c’est selon. Ou les parfums de la terre après l’orage, avec — tant qu’on y est — le vent dans les feuillages, le soleil couchant, le bleu du ciel et, dans la foulée : l’heure de la marée, le goût du sucré, le prix du beurre, le CAC 40, l’âge du capitaine et même «… des perles de pluie venues d’un pays où il ne pleut pas ! »… Tu parles si la mignonne revient coudes au corps !

« Ô mon chéri, un vol d’oies sauvages ! Tu es fou ! c’est trop ! »

De toute manière, à une rivière de diamant tombée de moi, elle aurait préféré un sandwich de son nouvel éternel amour. Un amant flambant neuf. Et sapé à la dernière mode. Ça compte.

Le civil a tout piqué au militaire. Ceux qui s’estiment supérieurs le marquent sur leurs fringues : le dessus du panier, c’est moi ! Vachement pratique.

Sauf que, pour les reconnaître, quand ils tombent la veste… c’est une autre paire de manches… !

 


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